Une brume légère tombait sur les quais, le soleil matinal n'allait plus tarder à illuminer le haut des mats des rares navires encore encré dans cette région abandonnée par les dieux. Une lanterne émettait une faible lueur a quelques dizaines de mètres de moi, peut être cette âme matinale saurait elle me renseigner sur ma destination. Je fus accueilli par un soldat bien entraîné selon toute apparence, une épée longue pendait a son coté et un arc en bois d'if pointait la pointe menaçante d'une flèche droit sur ma poitrine, il abaissa son arc, sans toutefois s'en séparer une fois qu'il eu bien vu que je n'étais pas une menace pour lui. Il est vrai qu'avec ma vieille cape de voyage de toile rouge je devais avoir piètre allure...
- N'avancez plus, les gobelins ont pris d'assaut l'entrepôt. Retournez d'où vous venez.
- Comment on t'il pu pénétrer dans l'entrepôt, je n'ai vu nulle trace de ces créatures sur les quais ?
- Personne ne le sait et la palissade n'a pas sonné l'alerte. J'attends les mercenaires venus de Luskan, ils doivent m'aidera débarrasser la ville de ces monstres.
Il ajouta, plus pour lui-même que pour moi : Pourvu qu'ils se dépêchent, si ces pillards mettent le feu à l'entrepôt, s'en est fini de Targos.
- Inutile de les attendrent, laissez moi y aller, je peux m'en occuper si vous voulez
C'est alors qu'il éclate d'un rire profondément moqueur avant de reprendre, les larmes aux yeux
- Assez rigolé, vous ne tiendrez pas plus de quelques secondes face à eux, avez-vous seulement déjà vu un combat ? Nous avons besoin de guerriers expérimentés, pas de gamins jouant à la guerre.
Sur ces paroles plus que vexantes, j'endors ce garde à l'humour douteux d'un simple sort et avant qu'il ait eu le temps de faire le moindre geste, il ronflait comme un bienheureux. J'en profite pour lui prendre son arc et son carquois, il n'en aurait plus besoin pendant les 12 prochaines heures...
Je jette enfin un regard sur la battisse en elle-même, elle est vieille vétuste et porte les marque d'un autre âge. Je jette un ½il au bâtiment juste à coté, il était battis solidement et en bien meilleur état que celui dans lequel je m'apprêtais à entrer.
Je fus cependant arrêté par une porte beaucoup plus solide que le reste du bâtiment, mais aucune porte ne peut résister à ma magie. Un grand fracas retendit ensuite, ébranlant les navires amarrés à quelques pas de là. On entendit aussi un grognement étouffé. Probablement un pauvre gobelins imprudent qui écoutait aux portes ! Sans perdre un instant j'entrai et abatis deux autres de ces êtres à la peau verdâtre et à la tête de nasique avec leur énorme nez ondulant à chacun de le cri. Les trois dernier, revenu de leur surprise, foncèrent alors sur moi, hache brandie, je tranche la gorge du premier avant d'envoyer un rayon d'énergie au second, le troisième pris la fuite, aussi vite que lui permettent ses petites jambes. Il mourut d'une flèche dans le dos, soigneusement ajustée par mes soins, pas très loyal mais efficace, au moins je n'ai plus rien à craindre de lui. Plus rien ne bougeait à présent mais je restais cependant encore sur mes gardes pendant que je fouillais les lieux...
Je sentais une présence magique mais ne provenant étrangement pas d'une source vivante. Intrigué je poursuivit mes recherches jusqu'à découvrir derrière une montagne de boite un coffre, très long bien que d'une largeur d'a peine dizaine centimètre. Celui-ci, finement ouvragé, probablement par le meilleur artisan dont il m'ait été donné d'admirer les ½uvres, ne m'inspirait que méfiance. Je mis toute la force magique et le talent dont j'étais capable sous des formes aussi diverses que variées pour détecter les pièges que pouvaient renfermer ce coffret mais sans résultat. La prudence la plus élémentaire me commanderais de continuer mon chemin sans même m'intéresser une seule seconde de plus à ce mystère mais étant d'une nature curieuse, je ne pus résister à la tentation de l'ouvrir. Pendant une seconde je suis resté interdit devant ma découverte. Rien ne pouvait me préparer à ce que j'allais découvrir ; C'était une épée, la plus célèbres épées de ce monde forgé par les meilleurs forgerons nains et ensorcelée par les plus talentueux enchanteur elfiques. Céra Sumat, l'épée de justice.
C'est l'arme ultime du paladin contre les forces du Mal. Même les créatures des plans inférieurs hésitent à se mesurer à un paladin équipé d'une telle arme, plus encore de cette épée bien précise. Autrefois, elle n'avait rien de particulier, jusqu'à ce qu'elle soit transformée par le courage et la foi de son possesseur.
La lame de cette épée de justice dégage une lueur dorée. Les mots "Cera Sumat" sont inscrits en lettres d'or sur son manche, ce qui signifie "Les six ont été réduits au silence." Cera Sumat a gagné son nom grâce aux exploits du vieux duc Kholsa Ehld, un homme approchant les quatre-vingts printemps, qui avait juré d'accomplir une tâche que les plus grands guerriers de trois royaumes n'avaient pas réussie à mener à bien, tout cela, à cause des larmes d'un enfant.
Le duc Ehld vivait en des temps troublés où les serviteurs de Baine, particulièrement puissants, écrasaient quiconque se dressait en travers de leur chemin. Des royaumes entiers craignaient leur colère et tous ou presque préféraient fermer les yeux devant leurs exactions, car ceux qui osaient protester étaient immédiatement condamnés à mort.
En ce temps, les plus terribles serviteurs de Baine étaient au nombre de six et se donnaient le nom de Disciples Perdus. Leurs pouvoirs étaient terrifiants, et seules la haine et la cupidité semblaient motiver leurs actes. Ils n'aimaient rien tant que perpétrer massacre sur massacre, et jamais ils ne faisaient couler assez de sang à leur goût.
Ensemble, ils causèrent la chute de la Cour d'Argent, tuant son roi et renommant cette nation jadis splendide le "Royaume des Larmes". Après avoir animé le corps décapité du monarque pour lui faire tuer tous les gens qu'il croisait sur son chemin, ils invoquèrent une pluie de feu qui ravagea totalement la région. On dit qu'ils firent bombance dans le palais de la capitale tandis que le pays brûlait tout autour d'eux, levant leur verre à la santé de leur dieu alors que les cris des mourants atteignaient leur paroxysme.
Il n'y eut qu'une seule survivante. Dans un ultime acte de sadisme, les malfaisants laissèrent la vie sauve à la fille unique du roi, à peine âgée de cinq ans, qu'ils nommèrent "Reine" de ce royaume ravagé. L'affublant du surnom de Reine des Sanglots, ils l'ensorcelèrent afin qu'elle ne puisse jamais quitter la capitale. Puis, leur soif de destruction momentanément apaisée, ils se séparèrent afin d'aller semer le chaos un peu partout au nom de Baine, laissant la malheureuse mourir de faim.
Le vieux duc Ehld fut le premier à franchir les protections magiques du Royaume des Larmes pour trouver la fillette assise sur le trône de son père. Il s'agenouilla devant elle et prêta serment, jurant de toujours la servir. Il lui expliqua qu'il lui avait apporté à boire et à manger, puis s'excusa d'être arrivé aussi tard, mais il ne se déplaçait plus aussi vite que dans son jeune âge. Elle le regarda sans comprendre alors qu'il lui jurait qu'il traquerait les responsables et ferait en sorte qu'ils payent pour leurs crimes si elle le souhaitait. Après de longues minutes de silence, elle parvint enfin à le remercier.
La reine cessa de pleurer le jour où Ehld se lança à la poursuite des Disciples Perdus, et elle ne versa plus une larme de toute sa vie.
Il fallut six ans à Ehld pour parcourir le monde et les plans et retrouver les malfaisants pour les obliger à répondre de leurs crimes. Tous se moquèrent de lui, pour s'apercevoir trop tard qu'il était bien plus dangereux qu'il n'en avait l'air... Il inscrivit le récit de la mort de chaque Disciple Perdu sur la gemme ornant le pommeau de son épée, exprimant maintes fois son regret de n'avoir pu obtenir leur rédemption.
Quand le dernier des six eut enfin répondu de ses crimes devant sa sainte lame, Ehld revint auprès de sa reine et déposa Cera Sumat à ses pieds. La lame autrefois ternie brillait désormais de mille feux, le récit des voyages du duc s'inscrivant en lettres d'or sur la pierre précieuse du pommeau. Ehld ôta la pierre, qu'il sertit à un collier avant de l'offrir à la reine. Il l'enjoignit de toujours la garder sur elle, afin de ne jamais oublier que le Mal est toujours présent de par le monde, mais que l'on peut en triompher pour peu que l'on serve la justice et que l'on reste fidèle à ses principes.
Le duc Ehld survécut à sa reine. A l'âge de 107 ans, il reprit une ultime fois Cera Sumat et quitta le Royaume des Larmes. On dit qu'il partit en direction du nord, sans que personne en ait la certitude. Au fil des ans, le Royaume des Larmes retrouva sa splendeur d'antan. Son nom fut de nouveau changé et sa triste histoire sombra dans l'oubli... et avec elle, l'existence de Cera Sumat et du médaillon des Disciples Perdus. Du moins, jusqu'à aujourd'hui
Mais l'histoire d'Ehld et de Cera Sumat est celle d'un autre temps. Cette époque est la mienne, et c'est à moi d'y briller. Et peut-être, si le coeur de son porteur est pur, saura-t-elle encore sauver un royaume de la destruction. Dans le cas contraire, Celui qui la touchera sera envoyer périr dans le neuvième plan, celui du roi des démons, adepte des plus terribles tortures, et ce pour l'éternité.
Mon c½ur étant loin d'être pur, Je m'apprêtais à ranger cette boite la ou je l'avais trouvée lorsque celle-ci se mit a étinceler de mille feux et commença à léviter devant moi, à auteur de ma main. Sans vraiment y réfléchir, je la saisis et une formidable décharge magique me traversa le corps et me fit sombrer dans l'inconscience.